Depuis toujours, la sagesse populaire attribue à l’ail d’extraordinaires vertus . Légende ou réalité ?
Depuis les temps les plus anciens.... : « Aux feux rituels de la Saint Jean, en pays de Draguignan, on faisait ainsi cuire des aulx dans les feux de joie et qu’ils guérissaient tous les maux » CLEBERT P 107 ...jusqu’au XIXè siècle : « Immédiatement après le vin et le blé dont l’éloge n’est plus à faire, arrive dans sa gousse satinée cet ami trop méconnu de l’homme : l’ail . Mon ami oublié, le docteur Henry Vivier, que nous appelons le sorcier parce qu’il guérissait tous ses clients... s’écriait volontiers .. à la stupeur des étrangers : « L’ail, l’oignon, ces demi dieux » Léon DAUDET cité par :
BRUYERINUS CAMPEGIUS écrit in Cibus
medicus sive de cibaria en 1560
Il était d’usage, en ce temps, lorsqu’un enfant mâle venait
au monde, de lui frotter les lèvres avec de l’ail, pour le rendre
vigoureux, en certains pays du Languedoc, du moins ! Aussi lorsque
naquit à Pau, en 1553, l’enfant qui devait devenir Roi de France,
sous le nom d’Henri IV, son grand père, d’ALBRET, ne manqua point
de suivre la tradition : il prit une gousse d’ail « dont
il luy frotta ses petites lèvres, lesquelles sil frippa l’une contre
l’autre, comme pour sucer ». Puis, nous dit la chronique, il
versa quelques gouttes de vin de Jurançon dans la bouche de l’Enfant
Royal, qui les avala sans dégoût. » Peyre
« Sans doute espérait-on, par ce geste, transmettre la
longévité mais, pourquoi pas, le génie politique... » (Clébert
p. 64)
En Égypte, dès l’époque pharaonique, on remarqua sa valeur alimentaire et ses propriétés nutritives. L’historien grec Hérodote rapporte que les manœuvres qui construisaient les pyramides recevaient quotidiennement d’importantes rations d’ail qui leur donnaient la force nécessaire à ce travail épuisant
Chez les Assyriens et les Babyloniens également, l’ail et l’oignon crus, accompagnés de galettes, formaient l’essentiel de la nourriture de ceux qui travaillent sur les « chantiers »
Les Athéniens, qui consommaient beaucoup d’ail, l’appelaient la rose puante. Les lutteurs, avant de se présenter dans l’arène, en mâchaient quelques gousses crues pour se donner force et courage. Ainsi feront les gladiateurs romains
Il est possible que la consommation d’ail
sauvage fasse partie du menu rituel auquel s’astreignaient les chamans
sibériens pour parvenir à cet état d’extase qui les transportait
"immobilement" dans l’autre monde et leur faisait non seulement voir la
vie en rose mais proférer des discours prophétiques
On se demande encore si la Pythie, cette « bonne femme »,
accroupie sur son trépied n’utilisait pas elle non plus une gousse d’ail
en forme de suppositoire pour s’aider à délirer.
Homère, dans son Odyssée, rapporte le moyen indiqué à Ulysse, par Hermès, pour se défendre des enchantements de Circé »Le Dieu rusé me donna, dit le Roi d’Ithaque, une plante qu’il avait arrachée et m’en enseigna les vertus : cette plante avait une racine noire et une fleur blanche comme le lait : les Dieux l’appellent moly. (Peyre p.17)
On dit que dans les régions
hantées par le fantôme de Dracula, les paysans frottaient d’ail les
poignées de leurs portes et les encadrements de leurs fenêtres pour
interdire l’entrée de leur maison aux vampires. Le folklore de l’Europe
Centrale est plein de ces colliers de fleurs ou de gousses d’ail
accrochés à la tête du lit ou au liteau de la cheminée qui
éloignent les suceurs de sang.
Les Batak de Bornéo accordent à l’ail de retrouver les âmes
perdues. C’est du moins ce qu’on lit dans Le Rameau d’Or
de Frazer. (Clébert p.90)
« C’était selon le poète
Martial, un aphrodisiaque sans égal pour entretenir une flamme prés de
s’éteindre entre époux d’âge canonique et pour rendre à l’homme
surmené toute la virilité requise pour les combats amoureux. (Peyre
p.143)
La soupe de la mariée ou aillade : une liqueur aphrodisiaque faite d’un
tiers de jus d’ail et de deux tiers d’alcool, longuement macérés
et exposés au soleil dans un flacon transparent, puis filtrée et prise
chaque matin, à jeun, goutte à goutte.
Au Moyen-Orient, le jeune marié porte une gousse d’ail à sa
boutonnière. Elle lui assure une vaillante nuit de noces. (Clébert
p.80)
C’est sur les hommes exclusivement que l’ail a ce pouvoir
aphrodisiaque. Sur la femme, il semble avoir un effet contraire. D’abord
sa consommation endort ses sens comme elle la conduit à une certaine
somnolence. Ensuite, elle paraît peu goûter l’haleine ainsi
parfumée de son partenaire, une odeur qui ne compense pas une vigueur
retrouvée.
L’ail, d’abord, conserve la vie et la
prolonge au-delà des limites habituelles. Les centenaires célèbres
des pays méditerranéens ont toujours prétendu en avoir
régulièrement consommé. Les Chinois déjà le savaient. Les peuples
de l’Orient européen exhibaient de beaux vieillards encore verts qui
ne devaient qu’à l’ail d’avoir vécu le siècle entier et
quelquefois entamé le suivant. A Marseille même, sans galéjer, on
assure que les "papés" lui doivent une longévité qui finit
par lasser leur propre famille. Et si, en ce pays, vous achetez en
viager, assurez-vous d’abord que votre vendeur n’en soit pas trop
gourmand.
On attribue ce pouvoir à l’énergie qu’il concentre et à la force
qu’il procure, à la santé qu’il protège, mais aussi au fait que,
capable de chasser mauvais oeil et larves intestines, il peut autant
préserver la chair de la corruption, ou au moins la retarder.
On y croyait si fort qu’on l’assurait transmissible. C’est ainsi que le
grand-père frottait d’ail les lèvres de son petit-fils nouveau-né. C’est
ce qui arriva à Henri IV alors qu’il ouvrait seulement les yeux. Après
lui, la coutume fut instituée dans la famille des Bourbons. Et le 15
juin 1933, au baptême d’Henri de France, le duc de Guise, chef de la
maison de France, frotta les lèvres du petit prince avec une gousse
d’ail et quelques gouttes de vin de Jurançon.
Sans doute espérait-on, par ce geste, transmettre la longévité mais,
pourquoi pas, le génie politique... (Clébert p. 64)
Dans toutes les civilisations, l’ail a donc eu partie liée avec la magie
comme en témoignent ces recettes qui semblent tirées de grimoires de
sorcières
Selon S. Samonicus, rien n’égale une gousse d’ail, enclose dans la laine
et logée dans l’oreille, contre les douleurs de tête
De même sept gousses d’ail et sept graines de lupin, dans une écorce de grenade, sont
souveraines pour guérir les affections de l’ouie
Contre les vomissements
de bile amère, rien ne valait, alors, une mixture faite de neuf petites
gousses d’ail et d’autant de grains de poivre
Descente de matrice, une seul remède :la moutarde du diable ( ail pilé mêlé de graisse et d’huile
d’olive)
Il fallait dans le cas de fébrilité,
utiliser l’ail broyé avec trois punaises. Il devait être prudent de
ne pas se tromper sur le compte des punaises, car deux seraient sans
doute insuffisantes, tandis que quatre pourraient être dangereuses...
Beware!(Peyre p.143,144
Mais les plus grands médecins ont aussi, au cours des temps,
vanté les
vertus de l’ail.
Alors, les vertus de l’ail , légende ? ou réalité ?
Dioscoride, selon la traduction de Jean des
Moulins, lui reconnaissant des vertus diurétiques, laxatives,
emménagogues, apéritives et autres : « L’Ail est , de sa
nature, âcre, chaud et piquant; il fallait aller à la selle, il
trouble le ventre, il engendre ventuosités, il dessèche l’estomac,
il altère, il fait pèter... estant mangé, il chasse les vers du
ventre, fait uriner; il sert contre les morsures des vipères... Mangé
et appliqué, il est bon contre les morsures de chiens enragés. Il sert
grandement aux hydropisies, il clarifie la voix, cuit ou cru, adoucit la
toux invétérée. Bu avec décoction d’orignan, fait mourir les poux
et les lentes; sa cendre avec miel guérit les meurtrissures, et les
pelades avec onguent nardin; avec sel et huile, il guérit les pustules
sorties par le corps; avec miel, il rend le corps net de vitilignes, de
gratelle, de lantilles, de lèpre, de la teigne, et furfures de la
teste; cuit avec encens, apaise les douleurs de dents, si on tient la
décoction dans la bouche... La décoction de feuilles fait sortir les
fleurs aux femmes, et la secondine, les faisant asseoir sur icelle pour
en recevoir la fumée... On broie de l’ail avec des olives noires,
laquelle viande ouvre les veines, fait uriner et est bonne aux Hydropics...(Peyre
p25)
DIOSCORIDE en grec Dioskoridès, surnommé Pédanius: médecin grec
(1er siècle apr.J.C.: Il a écrit un grand traité « Sur
la matière médicale. »
Les propriétés toenifuges de l’ail et son
pouvoir antiseptique, contre les morsures des animaux enragés et des
serpents , étaient bien connus des médecins de l’antiquité.
Dioscoride paraît être le premier à avoir signalé ses effets
salutaires contre les vers intestinaux, contre les morsures des serpents
et de chiens enragés. Il signale, aussi, son action bienfaisante contre
l’enrouement, la chute des cheveux, les rages de dents, la toux
invétérée, les exanthèmes, les poux de corps, etc....(Peyre
p139-140)
L’ail surtout est un remarquable vermifuge. Il a été de tout temps,
semble t-il, utilisé pour se débarrasser des parasites intestinaux, en
particulier les ascarides lombricoles de l’intestin grêle et les
oxyures du rectum. Par contre, il ne montre aucune efficacité contre le
ténia ou le vers solitaire. (Clébert p 73)
Lorsqu’on l’utilise à cet effet,: mieux vaut, comme il a été
indiqué dans la thérapeutique par les simples : les
Vermifuges », administrer aux enfants l’ail bouilli dans du lait,
sous la forme de sirop d’ail » ( Peyre p155)
Le père de la médecine, Hippocrate lui même, à un malade atteint de
pyothorax prescrivait l’absorption d’une grande quantité d’allium à
l’état cru, au repas du soir, arrosé d’un vin pur et généreux.
Le traitement était identique dans le cas d’érysipèle du poumon,
sauf qu’il fallait prendre l’allium et le vin pur le matin
à jeun!
S’agissait-il de faire le diagnostic d’une fistule? Ce n’était
pas fort compliqué ... pourvu que l’on ait à sa disposition une
tige fraîche d’allium : « Prenez la tige fraîche et creuse
d’un pied d’allium, couchez le malade sur le dos, écartez lui les
jambes, enfoncez la tige jusqu’à ce qu’elle heurte et mesurez la
longueur de la fistule par cette tige. »
Hippocrate
en grec hippokratês, le plus grand médecin de
l’antiquité (460-377 av-J.C.Initiateur
de l’observation clinique, il a écrit de nombreux traités.
Dans un cas de congestion, on pourra utiliser
un cataplasme d’ail pilé appliqué sur la plante des pieds.(Clébert p73)
Expectorant, il facilite l’expulsion des mucosités. On le recommande
sérieusement dans les cas d’éternuements prolongés, rhumes de
cerveau et rhumes des foins, grippe, bronchite, toux, coqueluche,
catarrhe des fumeurs.... et surtout de l’asthme. L’homéopathie
utilise l’ail sous la forme de allium cepa et d’allium
sativum. Il est efficace en effet dans la prévention ou le
traitement des rhumes de cerveau, rhumes des foins, éternuements
prolongés, sinusite, grippe et asthme. Le second est recommandé aux
hypotendus et aux convalescents qui souffrent de maux de tête. (Clébert
P 77)
GALIEN: En
grec Claudius Galénos. Médecin grec (131-201). Il étudia la médecine à
Smyrne, à Corinthe et surtout à Alexandrie. Galien régna sur la médecine
jusqu’au XVIIè siècle
Vasodilatateur, l’ail prévient plusieurs
affections du sang et accidents de la circulation mais aussi contre les
troubles congestifs de la ménopause, on recommande d’absorber une
confiture d’ail. On épluche et râpe deux têtes d’ail que l’on
mélange soigneusement avec l’eau et quatre cuillerées à soupe de
miel liquide. On conserve le tout bien bouché. Puis on en prend deux
cuillerées chaque jour. (Clébert p 72) Dans les cas les plus graves,
on aura plutôt recours à un alcoolat : on fait macérer quelque dix
jours de l’ail haché dans l’alcool à 60° (agiter fréquemment) et
on en met quelques gouttes sur un morceau de sucre dès les premiers
symptômes. pour la coqueluche, on respire du jus d’ail puis on en
prend buccalement quelques gouttes matin et soir. (Clébert p 73)
Avicenne préconisait, aussi, l’ail contre la toux, a frigore.
Il conseillait, également, l’ail réduit en cendres et mêlé au
miel, contre les ecchymoses des yeux et le vitiligo. Une décoction d’ail,
non seulement calme la toux et éclaircit la voix, mais allège les
douleurs de poitrine consécutives aux coups de froid.
Mais il semble bien que les découvertes des praticiens dans de nouvelles utilisations thérapeutiques, marquent un temps d’arrêt ... du moins jusque vers la fin du 18e siècle: C’est en effet, à deux médecins anglais, Th. Fuller et A. Murray, que l’on doit l’extension de l’ail dans la thérapeutique des voies respiratoires. Cette action avait déjà été signalée par divers médecins de l’antiquité, mais ses applications pratiques ne datent que de 1763 et 1793, grâce aux deux praticiens ci- dessus nommés. Th. Fuller, dans son « Pharmacopea extemporanea » a donné en 1763 les formules de deux préparations à base d’ail : un looch et un sirop d’ail capables d’inciser, affirme-t-il, les matières épaisses amassées dans les ramifications des bronches et dans les vésicules pulmonaires. (Peyre p150)
« L’usage que j’ai fait de l’ail,
écrit le docteur H.Leclerc, chez plusieurs malades atteints de
tuberculose pulmonaire ou de bronchite chronique m’a permis de
confirmer les bons effets de l’ail en pareil cas : je leur prescrivais
le médicament sous forme d’alcoolature ou lorsque je trouvais des
préparateurs assez patient pour confectionner un looch, selon la
recette indiquée par Caulet de Veamorel » (Peyre p155)
L’ail est aussi regardé comme un bon
préservatif pour les personnes qui soignent des malades atteints de
maladies contagieuses ; on fait infuser des gousses d’ail dans du
vinaigre d’excellente qualité et on se sert de cette préparation
pour se frictionner les mains et le corps. (Clébert).
En Grèce, les propriétés antiseptiques de l’ail permirent au père
de la médecine, le grand Hippocrate, de le prescrire au cours des
terribles épidémies de choléra et de peste.
Michel de Notredame, avant de devenir le Nostradamus des prophéties,
contribua grandement à vaincre la fameuse peste aixoise de 1546 en
distribuant ses recettes et les bienfaits de ses essences aromatiques ,
au premier rang desquelles il plaçait l’ail
Au 17e siècle encore, font remarquer les auteurs de J’aime l’ail,
le médecin Charles de L’Orme ne sortait jamais, en temps d’épidémie,
sans garder dans sa bouche une gousse d’ail, dans ses oreilles de l’encens
et dans chaque narine un brin de rue. Il est vrai qu’en ces moments de
calamités, on ne trouvait guère à rire des divers masques et
déguisements contre la peste.
PARACELSE ou Philippus Aureolus Théophrastus Bombast von Hehenheim, médecin suisse d’expression allemande,(1493-1541) nous révèle que l’ail était un spécifique d’un usage très courant contre la peste: « Allium pestis medicina, allium peste non inficitur .in : de peste libellus » P 145-146 PEYRE°
NOSTRADAMUS : Michel de Nostre-Dame, astrologue français, 1503-1566). Il fut médecin à Salon puis se consacra à des recherches pharmacologiques et astrologiques. Il est surtout connu pour les prophéties de ses « centuries astrologiques ». Catherine de Médicis le fit venir à la cour de France.
C’est, surtout, comme antidote des venins
que l’ail était préconisé par les docteurs de l’Ecole de
Salerne :
« Allia, ruta, pyra, raphanus, cum
theriaca nux,
Proestant antidotum contra mortale venenum »
Et les aulx et la ruë, ainsi que les
réforts,
La grande thériaque et la noix et la poire,
Sont contre les venins des remèdes très forts,
Et nous font, dessus eux, remporter la victoire
Et l’un des commentateurs en « vers
François sur l’École de Salerne », qui signe : D F C Docteur
en la faculté de Médecine, en un opuscule de 714 pages, paru chez
Gervais Clouzier, à Paris ,(avec privilège du Roy), ne consacre pas
moins de 64 vers aux aulx et à leurs vertus alexipharmaques ou autres:
Puisque l’humaine créature
Est sujette de sa nature
A toutes sortes de venins
Voici des remèdes bénins,
Qui serviront pour l’en défendre
Que je vais maintenant t’apprendre :
(P 37 Dr Peyre « Sur les Allium et les Aulx » Paris-Melun
1946)
Puisque l’ail détruit les vers qui se nourrissent de la chair des
hommes, il peut aussi bien éloigner le serpent qui se faufile partout,
y compris dans la bouche ouverte du moissonneur endormi sous un arbre (
comme en font foi de nombreux récits folkloriques). Déjà Pline en
était persuadé et l’assurait à ses lecteurs. Et l’on trouve dans
un herbier médiéval que « Li ails vaut contre morsure de bêtes
venimeuse ». C’est ainsi qu’on appelait « thériaque des
vilains » cette plante bénéfique capable non seulement d’éloigner
les vipères mais de guérir les plaies que causaient leurs crocs.
De nos jours encore, les bergers des Carpates, avant de traire leurs
brebis, prennent soin de se frotter les mains avec de l’ail bénit
afin de protéger le troupeau contre les serpents.( P90 Jean Paul
Clébert : « Le livre de l’ail » Ed Barthélemy )
Dans un numéro du « Courrier Médical »
de l’an 1912, le savant docteur Henri Leclerc nous dit «
qu’exception faite de quelques cas particulier, il est certain que
l’ail peut rendre, dans la thérapeutique infantile, de réels
services comme acaricide : les bonnes femmes de la campagne
l’emploient fréquemment dans ce but en faisant ingérer à leurs
enfants des croûtes de pain ( ou chapons) dûment frottées à l’ail.
Ce traitement, précise le docteur Leclerc, a l’inconvénient d’être
assez mal toléré par l’estomac et de communiquer à l'haleine des
infortunés marmots une horrible odeur : mieux vaut, comme il a été
indiqué dans la thérapeutique par les simples : les Vermifuges »,
administrer aux enfants l’ail bouilli dans du lait, sous la forme de
sirop d’ail » ( Peyre p155)
Vermifuge : (contre les vers intestinaux et les
oxyure mais pas le ténia)
L’ail surtout est un remarquable vermifuge. Il a été de tout temps,
semble t-il, utilisé pour se débarrasser des parasites intestinaux, en
particulier les ascarides lombricoles de l’intestin grêle et les
oxyures du rectum. Par contre, il ne montre aucune efficacité contre le
ténia ou le vers solitaire. (Clébert p 73)
Autre vermine, les moustiques. Très récemment, un chercheur indien a observé que de petites algues des étangs qui empêchent les larves de moustiques de se développer dégagent une forte odeur d’ail. Intrigué, ce savant a testé sur des milliers de ces larves d’insectes une solution d’ail : chaque fois, le massacre fut réussi à 100 %. Il ne reste qu’à commercialiser le produit. (p 90 Peyre)
Contre les infections intestinales, les
diarrhées, les flatulences, les ballonnements .... il faut avaler de l’ail
longuement bouilli et réduit en pâte. (p 73 Clébert)
Par ingestion : à jeun et avant les repas, une infusion faible ( à 5
ou 10 pour 1000 )pourra être utilisée contre les diarrhées d’allure
infectieuse et même contre la dysenterie (selon Loeper et Hurrier) (P
159 Dr Peyre)
A Beyrouth et à Damas, Wiesnitz dit avoir
obtenu par l’emploi de l’ail au cours d’une épidémie grave, sur
cent malades, plus de quatre vingt guérisons. Cette aurait, d’après
cet empirique, le pouvoir de rappeler la chaleur dans les capillaires,
de rétablir la circulation sanguine, d’exciter une abondante
transpiration et même de garantir les assistants de la contagion !
L’ail a été usité comme agent anti septique par le docteur W.C
Minchin dans la prophylaxie et le traitement du typhus, de la fièvre
typhoïde et de la diphtérie : à défaut de sérum antidiphtérique,
il prescrivait une simple gousse d’ail dont le malade , en la mordant,
exprimer le suc bienfaisant dans sa bouche... et cela suffisait,
paraît-il, « à déterminer la disparition des fausses membranes
des amygdales et du pharynx ». « Si la diphtérie a déjà
envahi le larynx, mieux vaut, selon le même praticien, avoir recours à
l’essence d’ail en inhalations qu’à la simple gousse comme
précédemment. » ( P153 Dr Peyre)
« Une communication sur les vertus
thérapeutiques de l’ail a été faite à la Société de Biologie par
les docteurs Coeper, Chailly-Bert et Debray. Il résulte des
expériences auxquelles ils se sont livrés que l’action de ce
végétal serait efficace contre l’hypertension artérielle, soit par
injectant dans les veines une macération artérielle, soit par
ingestion par voie buccale d’une trentaine de gouttes par jour d’un
liquide obtenu en faisant macérer des bulbes d’ail pendant trois
semaines dans quatre fois leur poids d’alcool à 90°c. On observait
une notable diminution de la tension artérielle après quelques jours
de ce traitement » (p141 Clébert)
« Contre l’aérophagie, on peut utiliser les propriétés
carminatives de l’ail, en particulier dans les cas peu fréquents,
mais cependant possibles, où l’on a affaire à un hépatobiliaire
hypertendu : c’est en effet une des propriétés attribuées à l’ail
par le professeur Loeper que d’abaisser la pression artérielle tout
en augmentant l’amplitude de la contraction cardiaque. Dans ces cas
là, l’infusion d’ail doit être prise, soit avant les repas, soit
trois quarts d’heure après.( p159 Peyre )
L’ail est bon contre tout
Galien va même jusqu’à surnommer cet
allium « véritable thériaque des paysans »
(la thériaque étant une sorte de panacée universelle.)
A la sourdesse de l’oreille battez des aulx et du suint d’oie,
ensemble, et mettez dans l’oreille » Herbier de Houdon, fin du
14 e Siècle. (Clébert p 68)
Si vous avez mal dans l’oreille et pour
prévenir une otite, frottez l’ail le pourtour de l’oreille ou
introduisez dedans un morceau d’ail, mais c’est assez dangereux. Il
vaut mieux hacher une gousse, étaler cette pâte sur de la gaze que l’on
enroule autour d’un bâtonnet ( ou coton tige) en prenant soin de le
laisser dépasser afin de le retirer facilement. (Clébert p 71)
Contre la fatigue, l’anémie, la lassitude, la dépression, on se fera une liqueur d’ail .Les gousses sont pelées et hachées menu, puis mises dans un bocal fermant hermétiquement, mêlées à leur double volume d’alcool. On expose quinze jours au soleil de la fenêtre. On filtre et l’on conserve dans une bouteille bien fermée. On consomme cette liqueur goutte à goutte, chaque jour avant de déjeuner, dans une tasse d’eau chaude, en augmentant progressivement la dose, de 1 à 25 gouttes pour ensuite la diminuer d’autant. C’est long mais efficace. (p 70 Clébert)
Contre les cors et les durillons, coupez une petite rouelle dans une gousse d’ail et appliquez- la en la maintenant avec un pansement, changez la rondelle matin et soir, et attendez que la callosité tombe d’elle même, ce qui ne manque jamais d’arriver. Mieux : épluchez une grosse gousse, faites la cuire au four, réduisez - la en bouillie et appliquez-la toute chaude. (p70 Clébert)
« Le R. Père Mersenne minime, si connu parmi les savants, se servait de la peau qui couvre la gousse ou le caïeu pour la même maladie; il est certain que c’est par le sel âcre, et corrosif de l’ail, que les cors sont emportés : on sait que l’ail pilé appliqué extérieurement est corrosif » (Extrait de P.J Garidel, Histoire des plantes qui naissent aux environs d’Aix, et dans plusieurs endroits de la Provence, 1715 in Le Livre de l’Ail J.P Clébert p 27 Avignon)Contre une verrue plantaire, il suffit de la frotter avec un morceau d’ail pelé. En Lozère, on en fait un cataplasme à l’argile. Jadis, on enterrait la gousse au pied d’un arbre. ( P71 Clébert )
Si vous avez mal aux dents, l’ail calmera la douleur. Il faut placer, dit-on, un petit morceau d’ail dans le creux ( sic ) de la dent malade. ( P72 Clébert)
Le Grec Dioscoride le recommandait aux orateurs, aux acteurs, aux comédiens. Et l’on peut lire dans le Noé de Giono : « Il avait caché cinquante têtes d’ail dans la terre et tous les matins il allait en prendre une pour s’aiguiser la voix » ( P 74 Clébert)
Le suc d’ail mélangé à l’huile de noix est excellent pour les brûlures. (p 74 Clébert)
Avaler une gousse d’ail bien épluchée chaque matin à jeun durant tout le déclin de la lune pour se préserver de la goutte. (p 74 Clébert)
On ne saurait passer sous silence un des effets (est-ce une vertu ?) les plus remarquables de l’ail : son pouvoir narcotique. Après un bon aïoli, on se sent invinciblement envahi d’une douce torpeur et rien ne vaut alors une petite sieste au frais. Les rêves qu’elle produit sont alors dorés d’un jaune lumineux. Et l’haleine odorante chasse les mouches qui jamais ne viennent importuner le dormeur. (p 77 Clébert)
Ambroise PARE : (1509 -1590)
Le père de la chirurgie moderne, entre deux opérations délicates, comme
chirurgien barbier, aux armées du Vicomte de Rohan et du duc de Vendôme,
ne dédaignait point de s’intéresser aux aulx et aux rustiques de son
temps, qui en faisaient une grande consommation .
Les maquignons tsiganes d’Europe centrale,
lorsqu’ils voulaient vendre un cheval un peu fatigué, lui mettait
dans l’anus une tête d’ail épluchée. La bête, des heures durant,
manifestait alors un air particulièrement fringant qui abusait les
paysans.
« Un remède de maréchal forgeron : en cas d’enchevêtrure
( blessure du cheval au pli du paturon), prenez du lard, demi livre;
ail, deux onces; poivre, demi once. Le tout doit être pilé et frit
ensemble avec du vinaigre- du plus fort - et appliqué aussi chaud que l’on
peut sur le mal. Par dessus, poser une couenne de lard puis serrer le
tout avec des courroies de chiffon » (p84 et 85 Clébert)
« L’ail favorise la croissance de la vesce. L’ail et la rose
ont une influence bénéfique mutuelle . L’ail, l’oignon et l’échalote
aident la croissance du pois et du haricot. Les paysans européens
avaient l’habitude de mettre des gousses d’ail dans leur grain pour
le protéger des charançons. Une infusion d’ail, d’oignon ou de
ciboulette peut être utilisée pour venir à bout de maladies comme le
mildiou sur la pomme de terre et la tomate. On l’utilise aussi contre
la moisissure des fruits à noyaux. Pour protéger les fruits de la
putréfaction, disposer dans le fruitier des bocaux ouverts contenant
des gousses d’ail coupées en deux » (H.Philbrick et R.Gregg,
Plantes compagnes, 1973.de Clébert p96)
Pour protéger les fruits du pourrissement, on peut également mettre au
fond du compotier des gousses pelées et fendues. Et pour les protéger
des fourmis, frotter les bords de la coupe avec de l’ail. ( Clébert p
96)
L’ail possède de curieuses propriétés... insoupçonnées par le commun des mortels : on peut en faire
de la colle, de l’encre sympathique, du ciment pour raccommoder la « tarralho » ou terre cuite
Ciment pour recoller « la tarralho » ou ustensiles en terre : on doit écraser 15 gousses d’ail dans ¼ de litre
de lait écrémé et caillé, et on laisse s’égoutter l’eau. Avec ce caillé et 6 blancs d’oeufs, on fait une pâte
au mortier en ajoutant de la chaux vive, pulvérisée, jusqu’à liaison parfaite. Au moment de s’en servir,
on ajoute quantité suffisante d’eau comme pour un ciment ordinaire. On peut avec cela raccommoder toutes
les poteries: tarralho.
On l’utilise aussi pour renforcer la résistance au feu de certain récipients en terre cuite et pour donner
de la trempe à l’acier. Autrefois pour aviver les tranchants des sabres et autres instruments tranchants,
on laissait macérer, dans l’eau destinée à la trempe des outils, des « cabilhos d’alhs » ou « gousses d’ail »
en quantité suffisante.... D’autres, pour obtenir une bonne trempe, frottaient l’acier rougi au feu avec des
gousses d’ail avant de le tremper. (Peyre p.53)
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