Le moyen âge a vu fleurir dans le Midi d’importants édifices religieux où la pierre blanche ne vient
qu’en accompagnement de la brique pour exprimer un détail, briser la
monotonie d’un ensemble, renforcer des lignes ou définir des dessins.
L’église Notre Dame de Beaumont de Lomagne n’a rien à envier à
ses grandes soeurs du gothique méridional telles que Saint Cécile d’Albi,
les Jacobins ou les Augustins de Toulouse.
Sa construction a débuté vers 1280. Les deux premières travées
côté chevet s’élevèrent rapidement. Mais les malheurs du XIVème
siècle ralentirent les travaux et ce n’est qu’en 1430 que l’église
put être consacrée par l’évêque Bernard de la Roche-Fontenille
qui, chassé de Montauban par les Anglais, en fit pendant deux ans sa
cathédrale.
Les chapelles de la nef furent construites aux XVème et XVIème siècles.
L’église eut à souffrir des guerres de religion. Pendant la
Révolution, elle fut transformée en magasin à fourrage.
Actuellement, le Ministère de la Culture a entrepris de longues
opérations d’entretien et de rénovation.
L’église fut conçue comme une forteresse-refuge :
construction massive, chemin de ronde, grands arcs de décharge en avant
des murs et reliant entre eux, dans la partie supérieure, les contreforts.
Côté sud, mâchicoulis? Pas d’arcs-boutants, pas de collatéraux, pas de transept
A l’est, le chevet plat, rigide, tout en briques, sans aucun ornement,
porte la marque des premiers constructeurs cisterciens qui recherchaient
avant tout la simplicité des formes.
Une étude récente a démontré qu’il est perpendiculaire non pas à
l’axe de la nef mais au mur extérieur nord lui-même oblique sur les
trois premières travées par rapport à cet axe et aux grandes lignes
est-ouest de l’édifice. Peut être a t'ont fait reposer ces murs sur
les substructions d’un bâtiment plus ancien.
A l’ouest, la façade élevée vers 1390 est moins austère que le chevet : la pierre blanche
a été utilisée pour le portail du XVème siècle, pour le tympan qui
le surmonte et, dans la partie haute de l’église, pour les corbeaux
soutenant le chemin de ronde.
La statue de la vierge du tympan est une reproduction d’une statue
ancienne, disparue, mais dont une petite partie a été retrouvée
récemment.
On remarque les traces d’un grand porche démoli en 1794 qui, d’après
un plan de 1774, s’avançait jusqu’au milieu de la rue actuelle.
Au nord-ouest, le clocher s’élève à plus de 50 mètres.
C’est un des plus beaux parmi les clochers de type toulousain. Il a
fallu 90 ans pour le construire de 1390 à 1480.
De forme octogonale, il repose sur une base indépendante de la nef.
Cette base se termine par une première galerie crénelée. Elle est
surmontée par une tour de quatre étages, le premier très sobre avec
ses arcades en plein cintre, les trois autres ajourées et ornées :
baies géminées bordée de colonnettes à chapiteaux sculptés
surmontées par des arcs triangulaires ou en forme de mitre, avec au
dessus de chaque groupe de deux baies un oculus losangé ou quadrilobe.
C’est la partie la plus belle de l’édifice.
Elle est surmontée par la flèche. Autour de sa base, court une seconde
galerie : remarquable autrefois par ses gargouilles et sa légèreté,
elle fut détruite en 1580 par les protestants. Elle a été refaite d‘une
manière banale en 1845 grâce à l’entremise du publiciste Emile de
Girardin alors député de Castelsarrasin.
La flèche se terminait par un beau fleuron détruit aussi en 1580 et
qui n’a pas été reconstruit.
La nef quasi rectangulaire mesure environ 55 mètres de long, 15 de
large et 21 de haut. Elle comporte 7 travées. Entre les contreforts s’ouvrent
des chapelles. Les murs enduits ont été peints plusieurs fois. La
sculpture tient peu de place (colonnettes au pilier du chevet, deux
belles clés de voûte).
On peut voir une belle chaire en chêne de Hongrie de 1892, deux
bénitiers en marbre des Pyrénées. L’orgue a été refait en 1875 et
restauré récemment. L’acoustique de l’église est excellente.
Le Choeur a été transformé et agrandi en 1705 lors de la mise en place de l’important baldaquin de
stuc attribué au toulousain Antoine Guépin, qui s’élève au-dessus
de l’autel. Il représente l’Assomption de la Vierge, et comporte
une grande richesse de motifs : les quatre Évangélistes, les trois
Personnes Divines, la vierge emportée par les anges.
Les stalles en bois de noyer du XVIIème siècle proviennent de l’abbaye
de Grand Selve.
Les chapelles possèdent toutes des voûtes en ogive.
Du chevet vers l’entrée côté nord :
Première travée : Notre Dame de l’Assomption restaurée récemment -
clé de voûte - une jolie vierge à l’enfant.
Deuxième travée : Chapelle de la passion - autel de style Louis XV - Piéta en bois du XVIIème siècle
Quatrième travée : Chapelle de la ville (armoiries de Beaumont à
gauche) -statue de la vierge en bois peint XVIIème siècle par Antoine Guépin.
Septième travée : la base du clocher forme une salle octogonale de 20 mètres de haut.
Du chevet vers l’entrée, côté sud :
Deuxième travée : Chapelle de St François - Autel et retable du
Couvent des Cordeliers - Statue en bois peint de St François et Ste
Claire -Pierre tombale de Martin Grassi (1336) - Inscription en latin à
la mémoire du Père Cueillens, Beaumontois confesseur d’Anne d’Autriche.
Septième travée : Fonds Baptismaux - cuve baptismale en plomb de 1585.
Pierre Fermat y fut baptisé en 1601.
Le Presbytère rue Pintois
Date probablement du XVème siècle
C’est un excellent exemple de restauration d’une maison en
pan-de-bois. Rappelons à ce propos que ces locaux ont abrité en
novembre 1793 les services municipaux avant que la mairie ne se
réinstalle en 1800 au Cordeliers, puis en 1850 à l’Hôtel Toureilh,
où elle est toujours.
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