Beaumont-de-Lomagne, bastide fondée en 1276 à la suite de l’acte de paréage entre l’abbaye de
Grandselve et le roi Philippe le Hardi représenté par son sénéchal
de Toulouse, Eustache de Beaumarchais, se voit octroyer en 1278 une
charte de coutumes très libérale pour l’époque qui définit les
droits et les devoirs de ses habitants.
En 1280 commence à s’élever la vaste église à
chevet plat trahissant l’influence de Cîtaux. Le clocher, réalisé
au XVème siècle, ressemble à celui de Saint-Sernin, à
Toulouse.
La halle, au centre de la place, est destinée à abriter le marché du samedi.
La construction de l’église se termine vers 1430 et l’évêque de
Montauban, chassé de cette ville par les anglais, en fait sa
cathédrale jusqu’en 1432.
Le XIVème siècle est marqué par le début de la Guerre de
Cent Ans. Prise par les anglais en 1345, Beaumont est délivrée en 1350
mais continue à subir les pillages des " routiers "
et la guerre civile due à l’opposition de deux chefs militaires : le
comte de Foix et Jean d’Armagnac. Le siècle se termine par une
épidémie de peste qui fait 500 morts.
Beaumont, cité catholique était entourée par 3 villes protestantes : Montauban,
Mas-Grenier et Mauvezin. En 1577, Henri III vendit Beaumont à Henri III
de Navarre (futur Henri IV), chef des protestants dont une troupe venait
de massacrer une centaine de beaumontois.
En décembre 1580, 600 mercenaires de Montauban, démobilisés, prirent Beaumont et y
restèrent 2 mois, causant beaucoup de dégâts. La paix revenue,
beaucoup de beaumontois avaient adopté les idées de tolérance d’Henri IV.
Au XVIIème siècle, Louis XIII fait assiéger plusieurs villes du Sud-Ouest dont
Beaumont. Le " Château du Roi " est détruit par
décret royal.
Sous Louis XIV, Beaumont ayant pour vicomte Arnaud de Conti, l’un des
chefs de la Fronde, se voit engagée dans la rébellion, ce qui lui
occasionne des pertes considérables. Louis
XIII en 1639 vendit Beaumont au prince de Condé. Il en résulta en 1651
une occupation de la ville par les troupes des Princes révoltés contre
le roi. L’affaire se termina sans combat, mais Beaumont, ruinée, dut
payer une lourde amende. Une terrible épidémie de peste clôtura ces
événements.
En 1702, la ville ne compte que 2 400 habitants. Avec la période de
paix, elle entreprend différents travaux et redevient prospère.
En 1777, les remparts sont détruits. Le passé guerrier de Beaumont n’est
plus qu’un souvenir.
Après avoir envoyé un délégué aux Etats Généraux, Beaumont crée
un club révolutionnaire. A partir de 1790, la ville fait partie du
département de Haute-Garonne et se voit écartée au profit de Grenade,
sa voisine et rivale, de la fonction de chef-lieu de district.
En 1808, nouveau découpage des départements par Napoléon Ier.
Beaumont est désormais en Tarn-et-Garonne.
De nos jours, si l’importance des grandes foires a décru, Beaumont
demeure un marché agricole important grâce à la culture de l’ail.
De son passé qui ne fut pas sans gloire, elle garde la mémoire grâce
à ses vieux édifices : l’église, semi-forteresse dont la masse imposante domine la ville,
la grande halle à l’importante charpente ainsi qu’une quinzaine
d’hôtels particuliers dont la majorité date de la période allant du XVIIe au XIXe siècle.
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