Les bastides jouissaient du droit d'avoir un sceau particulier : Beaumont eut le sien (Le garde
scel, de la Ville, recevait en 1699, les gages de 40 livres par an), qui malheureusement n'a pas été
conservé, mais les pièces qu'il portait nous sont connues, par les armoiries de cette petite Ville.
Ces armes furent parlantes, comme devaient l'être celles de Grenade, sa soeur, Villa Granata, dont
l'écu est semé de grains de blé et de fleurs de lis sans nombre. Le mont sur lequel s'élève la bastide,
se retrouve sur son blason : il était beau, sans doute par les arbres qui le paraient; les saules y
étaient nombreux, car la charte parle des Albarèdes (plantations de saules). Dès lors le mont devait
être surmonté d'un arbre. Arbre de convention ou créquier, ce ne fut pas ici le prunier ou cerisier
sauvage fruité, mais le saule, comme à Montauban Mons alba (Alba en roman signifie saule).
Voici, par ordre d'anciennetés les témoins assignés pour nos preuves héraldiques; ils indiqueront les
modifications apportées dans le cours de sept siècles.
1° Deux clés de voûte de l'église, que l'on peut attribuer au XIVe siècle. Les arcs ogives de la
cinquième travée ont pour clé un écu, qui porte, ignorance ou fantaisie du sculpteur, un mont partant
du chef et donnant naissance à un arbre ou créquier, qui s'élève vers la pointe très alaisé
de la sorte.
La clé de la travée suivante est orbiculaire et ornée de la même pièce; les branches de l'arbre, au
nombre de Cinq seulement, se relèvent et ne sont point ondées.
Sur une console supportant la retombée de l'arc doubleau et des arcs ogives d'une chapelle, qui fut élevée
vraisemblablement au XVe siècle, à droite, dans la quatrième travée de l'église, l'écusson est tenu
par deux personnages revêtus du costume consulaire. Dans le champ on voit le mont surmonté de l'arbre à
sept branches; le chef est de France. La ville est royale, les fleurs de lis devaient se montrer dans
les armes, indiquant la possession et la protection. Du reste, la console opposée offre les armes de France;
l'écu est couronné et a deux anges pour tenants.
Cette chapelle, formée de deux travées, est la plus importante de celles qui furent ajoutées au plan
primitif de l'église; elle est longtemps appelée Grande chapelle (Aujourd'hui du Rosaire). Lorsque
les Consuls sortant de charge s'assemblaient, en la fête de saint Jean l'évangéliste, dans
l'église pour la messe du Saint-Esprit, « ils entraient en la Grande chapelle pour faire nomination de leurs
successeurs ». Là, un serment mutuel était prêté par eux
(Voir le règlement de la Ville de 1687)
2° La cuve baptismale de l'église est en plomb : elle a 40 centimètres. de hauteur, sur 85 de diamètre;
les anses, dont elle est munie, et, la plupart des ornements qui la décorent, sur trois zones, sont obtenus
par l'outillage d'un fondeur de cloche qui dut la fabriquer sur place, suivant la pratique ancienne.
Elle porte l'inscription suivante, dont chaque mot est séparé par une fleur de lis :
Au milieu de la zone centrale figure le monde, surmonté du saule des armes de la Ville; des fleurs de lis,
posées aux angles, l'entourent d'une façon fantaisiste.
Un cartouche, imitant le cuir retourné, avec une tête d'ange, en guise de cimier, surmonte le tout ;
il renferme, dans un ovale les armes de la Ville : le monde surmonté du saule.
(Cette pierre est incrustée dans les murs de la métairie du Picharrot, à peu de distance de Beaumont.)
Plus heureuse que beaucoup de ses soeurs, l'une d'elle a échappé au creuset révolutionnaire; elle nous
donne une forme nouvelle de l'arbre héraldique. Cette fois-ci une branche de fougère a été moulée et
appliquée sur une-sorte d'écu en forme de poire; cette branche naît d'un monde, et trois fleurs de
lis surmontent le tout en chef.
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